jeudi 6 octobre 2016

Caulaincourt

Rue Caulaincourt, un type louche m'aborde et me demande
si je suis du quartier.
Hum. J'imagine que quand on a vécu la plus grande partie de son existence à Paris, on devient de tous les quartiers.
Aussi, je lui réponds :
- À peu près, oui.
Sur ce, il me demande si je connais des associations caritatives dans le coin.
En somme il me demande de l'aider à trouver quelqu'un qui pourra l'aider.
Les gens aiment se compliquer la vie.
Je prends ça à la blague maintenant mais sur le moment ça me fend le coeur cette histoire
Si j'étais suffisamment riche, je veux dire sans crainte immédiate des lendemains, je lui filerais un billet. Pas sûr que ça lui enlève son air louche, je connais des tas de gens riches qui ont un air louche.
Mais Paris aujourd'hui, tu ne peux pas faire cent mètres sans que quelqu'un te demande quelque chose. La misère est partout. C'est devenu une ville à checkpoints : ici la misère la plus totale, et là le luxe le plus extrême, le plus froid, et le plus aveugle (pour les touristes qui ne viennent plus). Si tu veux te situer dans un entre deux, casse-toi !
C'est comme dans la chanson française, il y a ceux qui vendent et qui ont les faveurs des médias ou du goût du jour, les nouvelles têtes de gondoles dont le destin ultime est que leur titre soit repris par une marque pour un spot publicitaire, et il y a ceux qui crèvent la dalle avec leurs projets dont au final tout le monde se contrefout un peu, et qui cherchent des subventions par-ci par là, comme le type louche de la rue Caulaincourt qui cherchait une association caritative. Il n'y a plus vraiment de middle-class nulle part. Ou alors c'est une middle-class de trois bouts de ficelle.
En terrasse du café La Butte, rue Caulaincourt, il y a une jolie fille dont la silhouette se détache sur le mur jaune de l'établissement. Elle boit un coca-cola et un connard de Taxi s'est garé en "warnings" devant et m'empêche de bien la voir. Cheveux coiffés en pièce montée, mignon petit chou au long cou enveloppé d'un grand manteau et d'une écharpe sombre.
Je traîne un temps dans ses parages
Comme un affamé de poésie.

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